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Session 2 · Rapport Perplexity

Pratiquer l'IA générative au service du terrain

Source : Corpus Documentaire Perplexity
Format : Microsoft Word (.docx)
Cycle : Culture critique de l'IA

Utiliser l’IA au quotidien en contexte associatif et jeunesse

1. Introduction : professionnaliser les usages quotidiens de l’IA

L’IA générative (texte, image, audio, vidéo) s’est invitée dans le quotidien des professionnels et bénévoles : rédaction de mails, préparation d’ateliers, conception de supports de communication, prises de notes, traduction, création de visuels, etc. Dans les associations et structures d’animation jeunesse, ces usages se développent rapidement, souvent sans cadre ni compétences partagées.[^1]

Les retours de terrain montrent deux défis principaux :

des prompts (consignes) improvisés, qui produisent des résultats moyens, répétitifs ou approximatifs ;

une méconnaissance des enjeux juridiques, en particulier autour des données personnelles (RGPD) et des images (droit d’auteur, droit à l’image).[2][3][^4]

Ce rapport propose un socle de formation pour :

Formuler un prompt structuré pour un usage professionnel ou bénévole, en s’appuyant sur une méthode de type RCTF(E) (Rôle, Contexte, Tâche, Format, Exemples).[5][6][^1]

Produire au moins une fiche d’activité ou un support de communication avec l’aide de l’IA, tout en gardant la maîtrise éditoriale.

Générer et choisir une image IA selon des critères de qualité et de droit (droit d’auteur, droit à l’image, licences).[7][3][8][9]

Connaître les règles absolues de vigilance sur les données en lien avec le RGPD et les recommandations de la CNIL.[10][4][11][2]

2. Formuler un prompt structuré (méthode RCTF(E))

2.1. Pourquoi structurer un prompt ?

Les guides de « prompt engineering » montrent qu’un prompt efficace n’est jamais une simple phrase vague : il doit préciser le rôle demandé à l’IA, le contexte, la tâche, le format de réponse, et parfois des exemples de ce qui est attendu. Sans cette structure, les réponses risquent d’être générales, hors sujet ou difficiles à réutiliser.[6][12][5][1]

Des praticiens proposent différents acronymes (RCT, RCTF, RCTFE), mais l’idée reste la même : donner à l’IA un cadre aussi clair que possible. Pour une formation, il est utile de proposer une méthode simple que les participants pourront mémoriser et adapter.[13][6][^1]

2.2. La méthode RCTF(E) adaptée aux usages associatifs

À partir des ressources existantes (RCT, RCTF, RCTF(E)), on peut proposer la structure suivante :[12][5][6][1]

R – Rôle : Qui doit être l’IA ? (ex. « Tu es un·e chargé·e de communication d’association », « Tu es un animateur jeunesse expérimenté »).

C – Contexte : Quelle est la situation ? Public, objectifs, contraintes (durée, supports, ton, lieu, langue, etc.).

T – Tâche : Que doit faire précisément l’IA ? (rédiger, simplifier, proposer un plan, générer une liste d’idées, etc.).

F – Format : Sous quelle forme doit être la réponse ? (plan, tableau Markdown, texte court, message WhatsApp, fiche A4 structurée, etc.).

E – Exemples / critères : Exemples de ce que l’on aime / n’aime pas, et critères de qualité (clarté, longueur, ton, vocabulaire, etc.).

Cette méthode est cohérente avec les bonnes pratiques de guides récents sur les prompts, qui insistent sur l’importance de préciser au minimum le rôle, le contexte, la tâche et le format.[5][6][^1]

2.3. Exemples de prompts RCTF(E) pour usages professionnels / bénévoles

Exemple 1 – Fiche d’activité d’animation

Rôle : « Tu es un animateur socio‑culturel expérimenté spécialisé en éducation aux médias avec des ados 13‑16 ans. »

Contexte : « Je travaille dans une MJC, nous organisons un atelier de 1h30 sur la détection de faux contenus générés par IA avec un groupe de 12 jeunes de 14 ans, niveau hétérogène, en soirée. »

Tâche : « Propose une fiche d’activité détaillée avec objectifs pédagogiques, matériel, déroulé étape par étape, et questions de débrief. »

Format : « Présente la réponse sous forme de plan structuré avec titres, sous‑titres et puces. »

Exemples/critères : « Le ton doit être concret et opérationnel, sans jargon juridique. Limite la fiche à une page A4. »

Exemple 2 – Support de communication

Rôle : « Tu es un chargé de communication d’une association jeunesse. »

Contexte : « L’association organise une soirée débat sur l’IA et les jeunes, à destination des 15‑25 ans, dans une salle de quartier. »

Tâche : « Rédige un texte pour un post Instagram qui donne envie de venir, explique en quelques mots le thème, et invite à s’inscrire. »

Format : « Texte court (800 caractères max), avec un ton dynamique, sans émojis, en français. Propose aussi 3 hashtags pertinents. »

Exemples/critères : « Évite le vocabulaire trop technique, parle plutôt de “comprendre l’IA au quotidien”. »

Exemple 3 – Note interne ou compte‑rendu

Rôle : « Tu es l’assistant·e d’un directeur de centre social. »

Contexte : « Je te donne ci‑dessous une transcription de réunion de 2 pages sur les projets IA de la structure. »

Tâche : « Fais‑en un compte‑rendu structuré pour l’équipe, avec un résumé, trois décisions clés, trois points de vigilance, et les prochaines étapes. »

Format : « Réponse en 4 sections titrées, phrases courtes, lisibles en 3 minutes. »

Exemples/critères : « N’ajoute aucune information qui ne figure pas dans la transcription. »

Ces exemples peuvent être travaillés en atelier : les participants reformulent leurs propres besoins (mail à un partenaire, projet de fiche, etc.) en RCTF(E), testent, comparent les résultats.

3. Produire une fiche d’activité ou un support de communication avec l’IA

3.1. Positionner l’IA comme assistant, pas comme auteur principal

Les guides pratiques insistent sur l’idée que l’IA doit être vue comme un assistant de rédaction ou de mise en forme, pas comme l’auteur principal. Pour les fiches d’activité ou supports de communication, il s’agit de :[^1]

partir d’un besoin réellement identifié (atelier, événement, campagne),

utiliser l’IA pour proposer une première trame, des variations de formulation, des exemples, des idées,[^1]

garder la décision éditoriale (choix du message, du ton, des consignes, des visuels), en lien avec les valeurs de l’association.

3.2. Étapes d’un atelier « fiche / support avec IA »

Une séquence de formation peut suivre ce déroulé :

Choix d’un objectif concret : chaque participant choisit soit une fiche d’activité (atelier avec jeunes / public), soit un support de communication (affiche, post, flyer numérique).

Écriture d’un prompt RCTF(E) : en binôme ou petit groupe, rédaction d’un prompt complet pour produire une version 1 du contenu.

Génération et critique : l’IA propose un contenu ; les participants l’analysent (clarté, pertinence, ton, réalisme logistique, alignement avec les valeurs).

Réécriture humaine : chacun remanie le contenu (coupe, ajoute, nuance, adapte), en veillant à ce que le produit final soit assumé comme production de la structure.

Vérification juridique et éthique : s’il y a des données personnelles ou des images, vérifier que les règles de base (voir section 5) sont respectées.[4][11][^2]

L’objectif pédagogique est que chaque participant reparte avec au moins une fiche d’activité ou un support de communication adapté, et une méthode pour en produire d’autres.

4. Générer et choisir une image IA : qualité et droit

4.1. Critères de qualité visuelle et de pertinence

Pour les besoins de communication ou d’animation, des générateurs d’images IA peuvent être utilisés pour créer des visuels originaux. Les critères de qualité à travailler sont :

adéquation au message (thème, public, ton) ;

lisibilité (clarté des éléments, absence de détails perturbants) ;

cohérence (mains, visages, perspectives, textes lisibles dans l’image) ;

compatibilité avec les supports (formats, couleurs, contraste).[^1]

Des ateliers peuvent proposer de générer plusieurs images à partir d’un même prompt, puis de les comparer à partir d’une grille de critères construite collectivement.

4.2. Droit d’auteur des images IA

En droit français, le droit d’auteur protège les « œuvres de l’esprit » qui portent l’empreinte de la personnalité d’un auteur, lequel doit être une personne physique. Les analyses juridiques récentes convergent sur deux points :[3][9][^7]

une image 100% générée par IA sur la base d’un simple prompt, sans intervention créative significative, n’est en principe pas protégée par le droit d’auteur : l’IA ne peut pas être « auteur », et l’utilisateur qui se contente de quelques mots n’exerce pas un contrôle créatif suffisant ;[7][3]

en pratique, ces images sont dans une zone grise : on ne peut pas revendiquer de monopole fort dessus, mais les conditions d’utilisation du service peuvent comporter des restrictions (licences, clauses contractuelles).[9][3][^7]

Cela signifie qu’une association peut, en général, utiliser des images générées par IA pour sa communication, mais :

elle doit vérifier les conditions d’utilisation du service (certains interdisent un usage commercial, ou imposent de citer la source) ;[3][7]

elle ne peut pas toujours empêcher des tiers de réutiliser l’image, faute de droit d’auteur solide.[^7]

4.3. Droit à l’image et contenu des prompts

Indépendamment du droit d’auteur, il faut respecter le droit à l’image et éviter les contenus illicites ou discriminatoires :

ne pas générer ni diffuser d’images représentant des personnes identifiables sans leur consentement ;[14][8]

ne pas demander à l’IA de reproduire ou modifier des œuvres protégées (photographies, illustrations) sans autorisation, sous peine de contrefaçon ;[8][9]

éviter les prompts visant des représentations stéréotypées, discriminatoires ou portant atteinte à la dignité.

Des guides pratiques (APIE, formations en droit d’auteur) rappellent les étapes pour utiliser un contenu en respectant le droit d’auteur et le droit à l’image : déterminer l’usage, vérifier les conditions, obtenir les autorisations nécessaires, créditer correctement.[14][8]

4.4. Atelier « générer et choisir une image IA »

Une séquence de formation peut inclure :

Définir un besoin (visuel pour un événement, illustration d’une fiche, pictogramme).

Écrire un prompt structuré pour l’image (sujet, style, ambiance, couleurs, public visé).

Générer plusieurs variantes et les comparer selon une grille qualité / droit (cohérence, lisibilité, absence de personnes identifiables, conformité aux valeurs de l’asso).

Choisir une image et, si besoin, la retoucher (recadrage, ajout de texte, ajustement des couleurs) dans un outil graphique.

Documenter la source (nom du service, date, prompt principal) pour garder une trace et pouvoir justifier l’origine en cas de question.[9][3]

5. Règles absolues de vigilance sur les données (RGPD)

5.1. Le RGPD s’applique pleinement aux usages d’IA

La CNIL rappelle que le RGPD s’applique à tous les traitements de données personnelles, y compris ceux qui impliquent des systèmes d’IA, même innovants. Pour un usage quotidien d’IA générative, cela signifie que le contenu saisi dans les prompts peut être considéré comme une donnée personnelle s’il permet d’identifier directement ou indirectement une personne.[15][11][2][10][^4]

Les recommandations récentes de la CNIL et d’autres guides insistent sur plusieurs points :

vigilance sur les données d’apprentissage et les risques d’exfiltration (inférence, inversion de modèle) ;[2][10]

nécessité de documenter les traitements, y compris lorsqu’on utilise des modèles open source ou des services en ligne ;[10][4]

importance de choisir des bases légales adaptées et d’informer les personnes concernées lorsque leurs données sont utilisées dans des projets IA.[11][4][^2]

5.2. Règles absolues pour les utilisateurs au quotidien

Pour une formation destinée à des professionnels/bénévoles, il est utile de résumer les « règles absolues » de vigilance, par exemple sous forme de check‑list :

Ne jamais saisir de données sensibles ou très personnelles dans des IA grand public (santé, situation sociale, origine, orientation, convictions, données sur des mineurs, etc.).[11][2][^10]

Ne pas copier‑coller des documents internes confidentiels (comptes rendus de réunions sensibles, évaluations, listes nominatives) dans un outil IA en ligne non maîtrisé.[4][11]

Anonymiser autant que possible : remplacer les noms par des initiales ou des pseudonymes, supprimer les détails permettant d’identifier une personne ou une structure.[^10]

Choisir des outils encadrés par la structure lorsque c’est possible (solutions contractuellement conformes, paramétrées pour ne pas réutiliser les données pour l’entraînement, hébergées dans l’UE).[2][4]

Toujours relire et vérifier les réponses : l’IA peut « halluciner », inventer des citations, des références juridiques ou des données factuelles.[^1]

Informer les personnes concernées lorsque leurs données sont utilisées dans un projet IA (par exemple un chatbot institutionnel) et leur permettre d’exercer leurs droits.[4][2]

Ces règles peuvent être intégrées dans une charte interne d’usage de l’IA et rappelées régulièrement.

5.3. Cas pratique pour la formation

Pour concrétiser ces règles, la formation peut proposer des scénarios :

« Tu dois résumer un compte rendu de réunion avec des prénoms et des détails personnels : que peux‑tu envoyer ou non dans un chatbot en ligne ? »

« Tu veux demander à l’IA de t’aider à répondre à un mail d’un jeune en difficulté : comment reformuler sans exposer ses données ? »

Les participants analysent ces scénarios à la lumière de la check‑list RGPD et reformulent les prompts de manière plus sûre.

6. Synthèse pour la formation

Le contenu de ce rapport peut être décliné en modules pédagogiques :

Module 1 – Structurer ses prompts (RCTF(E)) : théorie + ateliers d’écriture de prompts pour des besoins réels, comparaison des résultats.[6][5][^1]

Module 2 – Produire une fiche d’activité ou un support de communication : chaque participant repart avec au moins un document prêt à être testé dans sa structure.

Module 3 – Images IA : qualité et droit : génération, sélection, rappels juridiques, grille de choix.

Module 4 – Données et vigilance RGPD : check‑list, cas pratiques, intégration dans les pratiques quotidiennes.[11][2][10][4]

L’objectif global est de professionnaliser les usages quotidiens de l’IA en associant efficacité (prompts structurés, production de contenus) et responsabilité (données, droit, éthique), dans une perspective d’éducation populaire et de service au public.

References

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